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Entre alliances et méfiance :
balade dans l’Europe
des europhobes

Front National, Aube Dorée … ces partis nationalistes, mis à nu dans les tomes 3 et 4 (à venir) de la revue, misent gros sur les européennes. Si la présence des europhobes sur les bancs de Strasbourg est inévitable, ils ne s’y serreront pas les coudes pour autant. Car dans l’Europe des populismes, chacun est l’extrémiste de son voisin.

Nous sommes à dix jours des élections européennes. L’extrême-droite et les eurosceptiques ont déjà organisé l’après scrutin. En novembre dernier, Marine Le Pen rencontrait, lors d’un premier tour de table des nationalistes en lice, le néerlandais Geert Wilders (PVV), qui allait devenir son allié. Depuis, le binôme se démène pour former un groupe nationaliste et europhobe. A la clé : des financements - entre un et trois millions d’euros -, un regard sur les travaux des commissions, un temps de parole accru et le droit de déposer des amendements.


Marine Le Pen - ©Julien Solé

Pour y parvenir, la présidente du FN et son allié doivent rallier 25 députés de 7 pays. L’objectif paraît réaliste. A lui seul, le FN espère 20 députés. Confiant, Aymeric Chauprade, tête de liste FN en Ile-de-France table donc sur un groupe eurosceptique « d’une cinquantaine de députés ».

Le défi est plus compliqué à relever concernant le nombre de nationalités. De Belgique en Autriche, certaines alliances sont acquises. Mais parler d’une famille européenne serait exagéré. Hors de nos frontières, la dé-diabolisation du FN n’a pas fait son œuvre. Dans le Nord de l’Europe, la plupart des partis eurosceptiques ont beau partager sa rhétorique anti-immigrés, ils refusent de lui être associé.


Aube Dorée - ©Damien Vidal

De son côté, le FN a dressé sa propre liste noire. Aube Dorée en Grèce ou le Jobbik en Hongrie sont, selon lui, trop extrémistes pour qu’une alliance explicite soit envisagée. Dans l’Europe des eurosceptiques, chacun est l’infréquentable de son voisin.
Petit tour d’horizon en détail et en citations.