logo

L’Ukraine D’Ouest en Est

Un blog en photo et en dessin
de Guillaume Herbaut et Jean-Philippe Stassen


L’Ukraine d’Ouest en Est, c’est le reportage que se propose de faire le photographe Guillaume Herbaut et le dessinateur de bande dessinée Jean-Philippe Stassen. Pays en guerre à trois heures de vol de Paris, l’Ukraine, si méconnue, est pourtant au coeur de notre actualité. Durant ses dernières semaines nos dirigeants européens n’ont pas ménagé leur peine pour y ramener la paix. Ce pays est une zone de tension politique extrême entre l’Europe et la Russie, il se fracture en une ligne de front qui traverse le pays du Nord au Sud. Malgré le cessez-le-feu, les hommes continuent de s’y battre.

Guillaume et Jean-Philippe feront le voyage d’Ouest en Est pendant près d’un mois en se laissant le temps de partir à la rencontre des habitants de ce pays déchiré. Ils réfléchiront à comment leur regard, qu’il soit dessiné ou photographique, peut raconter la vie des hommes en situation de tension. Ils seront aussi accompagnés par Vadimsky, leur fixeur, qui filmera leur périple.

La Revue Dessinée s’associe au journal Le Monde et à l’éditeur Futuropolis pour produire ce reportage. Le blog dessinée et photographique http://ukrainedouestenest.blog.lemonde.fr permettra de suivre au quotidien leur voyage. Puis, leur reportage sera publié à leur retour dans La Revue Dessinée et un livre sera enfin publié aux éditions Futuropolis.

Les auteurs

Guillaume Herbaut

est photographe. C’est en se rendant à Tchernobyl en 2001 qu’il découvre l’Ukraine. Ce pays est l’un des thèmes centraux de son parcours photographique. Il couvre la « révolution orange » en 2004, raconte la vie des mineurs dans le Donbass, suit le retour des Cosaques et du sentiment national. En 2008, il photographie les tensions inter-communautaires en Crimée et poursuit son long travail dans les zones contaminées de Tchernobyl, pour lequel il sera récompensé en 2011 en recevant le Prix Niépce puis le prix France 24-RFI du web-documentaire. Depuis 2013, il suit la crise ukrainienne. Il a reçu le Visa d’or 2014 Magazine pour sa série « Ukraine : de Maïdan au Donbass » et vient de sortir un livre du même nom. Il est représenté par l’agence INSTITUTE.

Jean-Philippe Stassen

est un auteur de bande dessinée belge. En 1994, le génocide des Tutsis du Rwanda l’a obligé à changer sa façon de marcher, de regarder le monde et de travailler. Depuis 2002, il a réalisé plusieurs reportages, le plus souvent dans l’Afrique des Grands lacs, en utilisant les moyens de la bande dessinée. Il ne connaît pas l’Ukraine.

Vadimsky

multiplie les talents. Originaire du Donbass, il est entrepreneur durant de nombreuses années. En 2011, il s’inscrit dans une école d’art à Paris pour y étudier l’illustration et les arts plastiques. A l’été 2013, de passage à Donetsk, il se trouve obligé d’y rester pour des raisons familiales. Quelques mois plus tard, Vadimsky se retrouve à Kiev, à l’épicentre de la « révolution Maïdan ». Là, il participe au tournage d’un documentaire sur la générosité citoyenne et la démocratie directe dans la société ukrainienne. Au printemps 2014, il rentre à Donetsk, sa ville natale, où il voit le conflit entre pro-Russes et pro-Européens se transformer en guerre. Il perd son emploi et ses moyens de subsistance. Son expérience en tant qu’opérateur vidéo, acquise sur le terrain, lui donne l’occasion de travailler avec des médias européens.


Interview

Quelle est l’idée de départ de ce projet ?

Guillaume Herbaut : Je vais en Ukraine depuis une dizaine d’années. Durant ces reportages, j’ai traversé le pays dans tous les sens. Et puis en septembre dernier, je suis allé du côté du Donbass, sans avoir d’objectif particulier. Là, je me suis rendu compte que les histoires arrivaient sans qu’on les cherche. J’ai compris que l’on pouvait avoir des informations différentes sur la guerre, sans les chercher de manière frontale. Je me suis dit qu’il serait intéressant de parcourir le pays d’Ouest en Est, pour essayer de mieux le comprendre et de raconter la guerre autrement.

Très vite, Le Monde s’est associé au projet et on s’est dit que ce serait intéressant de le faire avec un dessinateur pour mêler deux types de narration différente. Et j’ai donc contacté La Revue Dessinée. Le principe est aussi de s’interroger sur l’idée du reportage, avec deux manières de travailler différentes : comment les deux médiums peuvent se compléter et raconter autrement les choses.

Aujourd’hui, nous sommes trois dans l’histoire, car il y a aussi Vadimsky, notre fixeur, personnage incontournable. Il est à la fois notre interprète et notre chauffeur. Il connaît parfaitement la région, tout en étant originaire du Donbass (sud-est du pays). Il a une vision plus en finesse, puisqu’il connaît aussi bien la région en crise que les autres régions ukrainiennes. Il vit maintenant à l’ouest. Et lui fera de la vidéo. Nous aurons donc trois médiums pour le blog sur lemonde.fr et larevuedessinee.fr, avec des rythmes différents.

Il y aura donc trois temps différents : la quotidien, avec sa tension permanente, pendant les trois semaines du reportage. Avec la Revue, on va avoir une narration dans le temps, pour parler de l’interconnexion entre la photo et le dessin. Et avec l’album pour les éditions Futuropolis, ce sera encore une autre démarche, plus en recul, plus dans la durée.

Est-il compliqué de travailler aujourd’hui en Ukraine pour les journalistes occidentaux ?

Guillaume Herbaut : C’est plus compliqué pour les journalistes locaux. Nous, occidentaux, on peut travailler des deux côtés, ce qui est rare aujourd’hui dans un conflit. Cela fera d’ailleurs toute la richesse du voyage, car nous irons des deux côtés. Je me suis rendu compte que des deux côtés, il y a beaucoup de braves gens et une complexité du conflit à faire ressortir.

Quels sont les enjeux de la guerre qui se déroule là-bas ?

Guillaume Herbaut : Pour moi, c’est l’équilibre de l’Europe qui se joue là-bas. Les frontières, reconnues par la communauté internationale, sont en train d’éclater. La vraie question qui se pose est donc : et après l’Ukraine, que va-t-il se passer... ?