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La NSA toujours à l’écoute
un an après l’affaire Snowden

Il y a un an, preuves à l’appui, Edward Snowden, ex-analyste à la NSA, révélait au monde la face cachée des grandes oreilles américaines. L’Agence Nationale de Sécurité surveille à grande échelle les communications et les données électroniques de l’individu lambda aux chefs d’Etats. Dans le numéro 4 de la Revue Dessinée l’enquête de Martin Untersinger illustrée par Thibaut Soulcié explique les conséquences de ce système sur les libertés individuelles.

« S’il existe un endroit dans le monde où je désirerais aller c’est chez moi. » Un an après ses révélations sur les écoutes de la NSA, Edward Snowden accorde sa première interview à une chaîne de télévision américaine. Ce spécialiste de la sécurité des réseaux informatiques explique sur la chaîne de télévision NBC qu’il « s’est trouvé piégé » après la révocation de son passeport américain en août 2013. Il souhaitait alors à se rendre à Cuba pour s’y réfugier, il restera bloqué à Moscou pour un an.

Lanceur d’alerte cherche asile

Alors que son titre de séjour russe arrive à échéance en août 2014, Edward Snowden souhaite s’installer sous d’autres cieux. A Globo, une chaîne de télévision brésilienne, il confie qu’il a « adressé une demande d’asile à différents pays, parmi lesquels figurait le Brésil. » « Je serai heureux de rejoindre ce pays. » a-t-il ajouté. Mais Brasilia nie avoir reçu une demande de Edward Snowden.

Saisissant l’opportunité, L’Express lance le 3 Juin une pétition qui demande au président François Hollande d’accorder l’asile en France à Snowden. Mais ce dernier n’a rien demandé. Le lendemain un avocat du lanceur d’alerte affirme œuvrer pour prolonger son séjour en Russie. Aux Etats-Unis où l’analyste est poursuivi pour trahison, le secrétaire d’Etat, John Kerry, déclare : « Monsieur Snowden doit faire confiance aux institutions judiciaires de son pays. Qu’il rentre s’il est un homme. »

NSA is (still) watching you

Suite aux révélations de Snowden le parlement européen et Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, ont demandé à la NSA de limiter sa surveillance. Mais selon Grégoire Pouget, responsable de projets nouveaux médias de Reporter Sans Frontières « Personne ne sait ou ne saura avant longtemps si ces déclarations seront prises en compte ».
On sait déjà que, chaque jour, la NSA intercepte plusieurs millions des images publiées sur les réseaux sociaux, envoyées par textos ou par e-mail. Un document top secret de la NSA, publié par le New York Times, révèle que « 55 000 (NDLR : des images collectées) ont une qualité suffisante pour une reconnaissance faciale ».

Officiellement la NSA justifie cette collecte de données à l’échelle mondiale par la lutte anti-terroriste. Mais le journaliste ayant révélé les documents de Snowden pense que cela va bien au delà de la mission anti-terroriste de l’agence. Pour Glenn Greenwald, « Les intérêts nationaux, l’argent et les egos pousseraient la première puissance mondiale à surveiller la planète ».
stifie pas qu’on sacrifie des libertés fondamentales ». Pour lui, Internet est surtout le lieu d’enjeux économiques et de pouvoir. Maîtriser lesdits enjeux passe par l’élimination totale de toute vie privée électronique.

Même les goûts individuels sont traçables.
L’enquête de Martin Untersinger illustrée par Thibaut Soulcié illustre les conséquences d’une telle surveillance dans la vie d’un citoyen lambda : ses déplacements en bus, en métro et en train et ses voyages sont suivis via les cartes de transport. Ses achats en magasin et toutes les courses sont connus grâce à sa carte bancaire. Ses goûts musicaux, culinaires, ses relations amicales ou amoureuses sont traçables via son Smartphone…
Toutes ces données sont chaque jour collectées et stockées par les géants du web comme Facebook, Google, Apple. Ces derniers ont d’ailleurs accepté de collaborer au programme Prism de la NSA en fournissant toutes les données collectées à l’agence de sécurité. Résultat : la NSA est capable de tracer la vie des citoyens du monde en temps quasi-réel.

Snowden et la NSA au cinéma

En attendant de trouver un asile, l’histoire d’Edward Snowden sera bientôt adaptée au cinéma. Le réalisateur Oliver Stone (JFK et World trade center) a annoncé qu’il s’inspirera du livre The Snowden Files : The Inside Story of the World’s Most Wanted Man. Ce livre, écrit par Luke Harding, journaliste du Gardian, raconte l’affaire Snowden. Au Japon, les studios Sony ont acheté les droits du livre Nul part où se cacher de Glenn Greenwald, le journaliste qui a révélé l’affaire Snowden dans les pages du New York Times. Il y raconte sa rencontre avec Snowden, son enquête et explique le système des services de renseignement américains.