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20 été 2018
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20 été 2018
  • Burn-out Silence, on craque
  • Trafic d'art Permis de voler
  • Nucléaire Au fond de la cuve
  • europacity La folie des grandeurs
  • Dopage Cycle infernal
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AU SOMMAIRE

Au menu de ce numéro estival : besoin urgent de vacances... une plongée dans les rouages du burn-out, un récit - façon polar - d'un trafic massif mais discret, celui des œuvres d'art, la folie des grandeurs du mégaprojet Europacity en banlieue parisienne... Nous voyagerons aussi vers l'Océanie pour découvrir l'incroyable saga du lapin, devenu le pire cauchemar des australiens, et puis nous plongerons dans les eaux troubles du nucléaire français avec une enquête sur l'EPR de Flamanville. La chronique ciné décryptera notre peur face au premier blockbuster de Spielberg "Les dents de la mer"… Il y aura bien-sûr du sport : un ancien de "L'Équipe" racontera de l'intérieur la folle histoire des journalistes sportifs dopés aux exploits de leurs champions ou encore les méthodes pas très fair-play des hooligans. Un très bel été en perspective avec La Revue Dessinée !

ÉDITO

Un moment suspendu. Une énergie saisie au vol. C’est ce que nous offre avec brio le dessinateur Andrea Serio pour la couverture de ce numéro d’été. Cet élan d’insouciance dévoile, par un effet de contraste, des énergies moins lumineuses. Celles que l’on consomme et celle qui nous consume. Celles que réclament nos utopies consuméristes dont le mégaprojet Europacity, qu’il aboutisse ou non, est l’incarnation. Celle que l’on s’échine à produire coûte que coûte lorsque tous les voyants sont au rouge, comme le montre cette remarquable enquête sur la fuite en avant du nucléaire français. Et puis l’on découvre d’autres énergies, humaines, sacrifiées sur l’autel de la productivité, et les contours d’un nouveau mal du siècle : travailler jusqu’à se consumer. « Libérez les énergies ! », entonnent les exaltés de la « start-up nation ». Avant de suivre cette consensuelle injonction, ce vingtième numéro nous invite à nous demander à quoi nos forces méritent d’être employées. À « retrouver l’humanité qui est en nous », murmurent les milliers de personnes qui tendent la main à ceux qui ont fui la misère, les répressions politiques ou la guerre. D’autres libèrent leur énergie sur le terrain des luttes sociales ou environnementales. Parfois la ténacité paie. Des titres de séjour sont délivrés, des projets délétères et démesurés sont freinés. Quant à nous, depuis maintenant cinq ans, nous employons notre énergie à raconter en mots et en dessins ce bouillonnement. Et notre élan n’est pas près de s’essouffler puisque nous vous savons de plus en plus nombreux de l’autre côté.