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23 Printemps 2019
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23 Printemps 2019
  • Edito #23 Édito
  • Colère noire Colère noire
  • Aux armes et caetera
  • Le bonheur en Francs Suisses
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AU SOMMAIRE

Une odeur de gaz lacrymogène, un air d'insurrection et d'émeute. Cet hiver, à Bourges, Nantes, Toulon, Paris et un peu partout dans le pays, des vitrines ont explosé, des barricades se sont enflammées. Cette fois encore, il fut question de "fauteurs de troubles " et de "débordement". C'est oublier un peu vite que depuis les années 1980, le recours à la violence est une tactique politique. Thierry Vincent et Ivan Brun se chargent de nous le rappeler. "Merci Simone !", clament des affiches à l’effigie de celle à qui l'on doit la législation de l'avortement. Au moment où elle entrait au Panthéon, dans d'autres pays, des femmes scandaient encore : "Mon corps, mon choix", nous rappelant qu'acquérir ce droit est le fruit d'un combat. C'est ce que nous rappelle Jean-Christophe Mazurie. Également dans ce numéro : une industrie française qui ne connait pas la crise : c'est l'armement. Ses ardents défenseurs sont loquaces dès qu'il s'agit de vanter ses 200 000 emplois et ses 4 000 PME. Mais à quel prix, se sont demandés Anne-Sophie Simpere et Vincent Sorel. Enfin, nous vous emmenons à la recherche des trains fantômes, afin de savoir si les petites lignes de train seront bientôt sacrifiées sur l'autel de la rentabilité ; et nous allons voir ensemble si l'herbe est plus verte chez nos voisins helvètes.

ÉDITO

En apparence, les visages sont paisibles, candides, presque extatiques, allégories d'un bonheur qu'on ne se lasse pas d'imprimer sur papier glacé. Mais dans les têtes, autre chose se joue. Tempêtes, murs, chaos... la violence du monde revient au galop. "Il y a trois sortes de violence, écrivait le pacifistes brésilien Helder Câmara en 1970, La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations (...) La deuxième est la violence révolutionnaire, qui nait de la volonté d'abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d'étouffer la deuxième." Au moment où nous fabriquons ce numéro, ces trois violences se répondent et s'alimentent dans un engrenage à l'issue incertaine.