#
26 Hiver 2019
#
26 Hiver 2019
  • Édito #26 Édito
  • Sommaire
  • Retour à Istanbul
  • Balles perdues
S'abonner
0
FEUILLETER CE NUMÉRO

AU SOMMAIRE

Cela fait plus d’un an que le mouvement des Gilets Jaunes a démarré. Tandis que les jets de pavés répondent aux grenades lacrymos, d’autres affrontements font rage derrière les écrans. Sur l’encyclopédie collaborative, des milliers de personnes se sont écharpées pour tenter d’écrire l’histoire en temps réel. Plongée dans les coulisses de la page la plus amendée, contestée de l’encyclopédie collaborative. Dans ce numéro d’hiver, nous enquêtons aussi sur des stations de ski au sommet du déni. À mesure que la neige recule sous l’effet du réchauffement climatique, les industriels de la montagne poursuivent, à grand renfort de canons à neige, leur fuite en avant. Nous décryptons aussi une mue silencieuse, celle qui consiste à faire de l’action sociale un marché, de l’aide aux plus fragiles un placement financier. Et puis, nous penchons sur la relation des agents de police à leur arme de service.  Toute la vie ils sont partenaires, pour le meilleur et pour le pire.

ÉDITO

Un cliché. Une vision travaillée de  la réalité, celle de neiges éternelles et de sommets immaculés. Qu’importe si ce paradis blanc est artificiel, tant que les dameuses et les canons à neige restent en dehors du champ, tant qu’ils continuent à cracher leur décor  de carte postale et à masquer les signes criants d’un climat détraqué. Un cadre. Une vision fragmentée de la réalité. Celle de bols d’air et de vacances d’hiver devenus de moins en moins populaires. Une réalité perchée à des kilomètres de la précarité et de la colère qui, vêtues de jaune fluo, ont explosé sur les ronds-points il y a tout juste un an. Des images dont nous savons nous méfier, mais que nous préférons décortiquer. L’image des remontées mécaniques qui tournent comme si de rien n’était. L’image d’une police en pleine maîtrise de ses armes de service. L’image d’un monde de la finance en plein tournant « social et solidaire ». En bande dessinée, l’artiste coupe, cadre, met en scène. Sans toujours l’assumer, le journaliste fait de même. Parions que  leur complicité nous mène un peu plus  près de cette insaisissable réalité.