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4 été 2014
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4 été 2014
  • Aube dorée bruit de bottes
  • Service public Bougez avec la poste !
  • Églises évangéliques dieu soit loué
  • Big brother souriez, vous êtes fichés
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AU SOMMAIRE

Grâce à ces 224 pages d’enquêtes et de reportages, vous ne regarderez plus du même œil votre smartphone, votre carte de transport et votre facteur. Vous apprendrez que les deux premiers sont des mouchards qui divulguent les moindres détails de votre vie privée, et que le dernier, votre postier, est au bord du gouffre, sacrifié sur l’autel de la rentabilité. Dans ce numéro, on vous entraîne aussi en terres inuit, puis dans de drôles d’églises évangélistes et enfin sur les traces d’Aube Doré, ce mouvement fasciste qui en pleine crise économique a fait trembler la Grèce.

ÉDITO

Et si la vie n’était que la somme de nos choix ? Voilà une question existentielle pour accompagner la lecture de ce numéro d’été de La Revue Dessinée. Parfois, la rêverie d’un après-midi à la plage peut fournir des réponses pertinentes à ces instants de liberté partagés. Cette interrogation philosophique est aussi une façon de réaffirmer nos convictions : face à un régime autoritaire ou à un supérieur hiérarchique en mal de reconnaissance, face au refus de la vie ou à une croyance intempestive, l’homme a toujours le choix de dire oui. Ou non. Le choix dicte les actes qui déshonorent ou subliment nos existences. C’est là le point commun des récits qui ponctuent les pages où votre esprit va naviguer. L’enquête sur les changements survenus dans cet étendard du service public à la française qu’était La Poste livre une leçon implacable : face à un système, l’individu n’est rien. Pourtant, celui-ci peut aussi le faire vaciller, à force d’intelligence, de volonté et d’abnégation. La leçon vaut aussi pour la sphère politique. L’ascension fulgurante d’Aube dorée – parti xénophobe d’inspiration néonazie –, en Grèce, devrait interroger tous les Européens convaincus. Comment une telle aventure collective est-elle possible en 2014 ? Les mêmes causes, crise économique, désespérance sociale, perte des repères idéologiques, sont-elles vouées à produire les mêmes échecs ? Pourquoi les États s’avèrent-ils impuissants à endiguer ces phénomènes de radicalisation ? À l’heure où l’on perçoit que des choix fondamentaux sont à faire, pour ne pas subir ceux qui nous seront imposés, il importe de cerner précisément les processus et les mutations en cours.